Toutes surfaces disponibles semblent être investies. À ce point du film, on rencontre pour la première fois un élément très important, l’un plus indiscutable facteur d’urbanité : la pression foncière. Une intense activité est transcrite à l’écran par de nombreux chantiers environnements, tandis que les fresques et graffitis omniprésents et l’affichage sauvage témoignent de la valeur des surfaces de murs vierges. La couche urbaine que l’on traverse est hybride : périphérique certes, mais dynamique. Le patrimoine industriel est rénové, mais sa valorisation n’est pas spécialement scénographiée, donc la ville n’est pas muséifiée, au contraire de nombreux centres-villes européens. L’urbanisation reste ainsi libre, non contrôlées, ce qui est une caractéristique de la banlieue, territoire d’expérimentations et d’innovations. Les codes du faubourg sont bien visibles : terraced houses (maisons en bande) qui s’étendent à perte de vue, hangars, jardins ouvriers, vastes infrastructures sportives, et voies ferrées exploitées. Encore très peu de logements collectifs. Le Railway Path est une saignée verte qui coupe un réseau viaire labyrinthique, ce qui rend le passage attractif car il s’agit de l’unique tracé direct en direction de l’hypercentre. Le quartier est fortement zoné (1) mais les lotissements ne sont pas cité-dortoir pour autant, il existe en effet une riche mixité programmatique.
À cette apparente effervescence s’ajoute une augmentation de la densité d’usage. Il y a désormais autant voire plus de piétons que de cyclistes. La distance moyenne de parcours de l’utilisateur type est en chute libre et les accès toujours plus nombreux.
(1) Zoning :
"Francisation de l'anglo-amér. zoning désignant une conception d'urbanisme élaborée à Boston en 1912 4th Nat. Conference City Planning. Réglementation organisant la répartition d'un territoire en zones et fixant pour chacune d'elles le genre et les conditions de l'utilisation du sol."